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Essai Liberté 4
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Lâexplication de la condition humaine par "lâinstinct vs lâintellect" est Ă©vidente et rĂ©elle, comme tous ces grands penseurs le dĂ©montrent
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(ceci est une version abrĂ©gĂ©e de lâEssai LibertĂ© 53)
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Par Jeremy Griffith, 2018
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Dans cette prĂ©sentation, Jeremy Griffith souligne quâil nâest pas la premiĂšre personne Ă avoir identifiĂ© les Ă©lĂ©ments instinct vs intellect impliquĂ©s dans la production de la condition humaine. Comme il le rĂ©vĂšle, il y a eu de nombreux penseurs tout au long de lâhistoireâen fait beaucoup de grands penseurs renommĂ©sâqui ont reconnu que la rĂ©ponse Ă notre condition humaine colĂ©rique, Ă©gocentrique et aliĂ©nĂ©e rĂ©sidait dans la comprĂ©hension quâun affrontement devait avoir eu lieu entre nos instincts dĂ©jĂ Ă©tablis et notre esprit conscient plus rĂ©cent.
Regardez la présentation ici :
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Cette prĂ©sentation apparaĂźt Ă©galement comme VidĂ©o 4 dans les vidĂ©os principales au dĂ©but de notre page dâaccueil Ă www.humancondition.com/fr.
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La Transcription de cette vidéo
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Rebonjour.
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PremiĂšrement, ce que je vais maintenant prĂ©senter est essentiellement un bref rĂ©sumĂ© dâune description plus longue que je donne dans lâEssai LibertĂ© 53 de la raison pour laquelle lâexplication instincts vs intellect de la condition humaine (que je viens de dĂ©crire dans la vidĂ©o/essai prĂ©cĂ©dente) est lâexplication Ă©vidente et rĂ©elle de cette condition. (Veuillez noter que les sources de citation non fournies dans cette prĂ©sentation peuvent ĂȘtre trouvĂ©es dans lâEssai LibertĂ© 53.)
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PARTIE 1 Penseurs des temps anciens qui ont reconnu le conflit entre nos instincts moraux et notre esprit conscient, et les preuves fournies par les bonobos sur la façon dont nous avons acquis nos instincts moraux
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Je ne suis pas la premiĂšre personne Ă identifier les Ă©lĂ©ments dâinstinct vs intellect impliquĂ©s dans la production de la condition humaine. Comme je le dĂ©cris dans les chapitres 2:6 et 2:7 de mon livre LIBERTĂ : La Fin De La Condition Humaine, il y a eu de nombreux penseurs Ă travers lâhistoireâen fait beaucoup de grands penseurs renommĂ©sâqui ont reconnu que la rĂ©ponse Ă notre condition humaine colĂ©rique, Ă©gocentrique et aliĂ©nĂ©e rĂ©sidait dans la comprĂ©hension quâun conflit devait sâĂȘtre produit entre nos instincts dĂ©jĂ Ă©tablis et notre esprit conscient apparu plus rĂ©cemment.
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Lâeffet âdouble peineâ dâavoir des instincts moraux
Avant de prĂ©senter le travail de certains de ces penseurs, je tiens Ă souligner que tout ce qui est nĂ©cessaire pour produire un Ă©tat psychologiquement bouleversĂ© chez une espĂšce est quâelle devienne pleinement consciente, car cette capacitĂ© dâauto-ajustement devra naturellement dĂ©fier les instincts dictatoriaux non-comprĂ©hensifs, intolĂ©rants. Peu importe lâorientation particuliĂšre des instincts de lâespĂšce, le fait que les instincts ne soient pas comprĂ©hensifs signifie quâun affrontement perturbant avec lâesprit conscient basĂ© sur la comprĂ©hension et autorĂ©gulateur doit se produire. IndĂ©pendamment de lâorientation instinctive dâune espĂšce, si elle dĂ©veloppe un esprit pleinement conscient, une bataille perturbante doit avoir lieu entre ces instincts et lâesprit conscient.
Mais surtout, cela ne signifie pas que lâorientation particuliĂšre des instincts dâune espĂšce ne peut pas avoir un impact sur le conflit avec son esprit conscient. Cela peut lâaffecter considĂ©rablement, comme cela a Ă©tĂ© le cas lorsque nous, les humains, sommes devenus pleinement conscients. Comme indiquĂ© dans la deuxiĂšme vidĂ©o/essai de cette sĂ©rie, nous, les humains, avons des instincts moraux coopĂ©ratifs, dĂ©sintĂ©ressĂ©s et aimants, dont nous appelons ânotre conscienceâ la voix ou lâexpression [note du traducteur : dans la langue française le mot âconscienceâ dĂ©signe Ă la fois la conscience morale (âavoir bonne conscienceâ, notre notion intrinsĂšque du Bien et du Mal) et lâobjet de la pensĂ©e consciente (âavoir conscience deâ, dĂ©signant lâaction de lâesprit conscient). Il convient donc de distinguer ces notions en âconscience moraleâ et âesprit conscientâ]. Charles Darwin a reconnu notre nature morale distincte lorsquâil a Ă©crit que « le sens moral offre peut-ĂȘtre la meilleure et la plus haute distinction entre lâhomme et les animaux infĂ©rieurs ». Ce qui est si important chez des humains ayant des instincts moraux coopĂ©ratifs, dĂ©sintĂ©ressĂ©s et aimants, câest que lorsque nous sommes devenus pleinement conscients, que nous avons commencĂ© Ă expĂ©rimenter avec la comprĂ©hension, et avons Ă©tĂ© critiquĂ©s par nos instincts et avons inĂ©vitablement rĂ©pondu de maniĂšre colĂ©rique, Ă©gocentrique et aliĂ©nĂ©e, la critique de nos instincts fĂ»t encore plus grande parce quâils sâattendaient Ă ce que nous nous comportions de maniĂšre coopĂ©rative, dĂ©sintĂ©ressĂ©e et aimante. Dans notre recherche nĂ©cessaire de comprĂ©hension, nous avons dâabord Ă©tĂ© injustement condamnĂ©s pour avoir dĂ©fiĂ© nos instincts, puis de nouveau pour avoir rĂ©agi Ă cette condamnation dâune maniĂšre contraire et offensante Ă nos instincts. Nous avons dĂ» endurer une âdouble peineâ de critique lorsque nous sommes devenus conscients ! (Cet effet de âdouble peineâ liĂ© Ă nos instincts moraux spĂ©cifiques est dĂ©crit dans lâEssai LibertĂ© 24 et en profondeur dans le chapitre 3:5 de LIBERTĂ.)
Et comme je vais lâexpliquer plus en dĂ©tails sous peu, la terrible âdouble peineâ de douleur infligĂ©e Ă notre esprit conscient pour avoir offensĂ© les instincts moraux spĂ©cifiques de notre espĂšce est la raison principale de la frustration et de la colĂšre sous-jacentes dans notre comportement, ainsi que des immenses culpabilitĂ© et insĂ©curitĂ© qui ont nĂ©cessitĂ© que nous adoptions lâexcuse manifestement malhonnĂȘte des âinstincts sauvagesâ que jâai dĂ©crite dans la VidĂ©o/âEssai LibertĂ© 2.
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Penseurs des temps anciens qui ont reconnu le conflit instincts moraux vs intellect conscient comme la source de la condition humaine
AprĂšs avoir expliquĂ© que le conflit entre les instincts et lâintellect a Ă©tĂ© grandement aggravĂ© dans le cas de notre espĂšce par nos instincts moraux coopĂ©ratifs, dĂ©sintĂ©ressĂ©s et aimants, je veux maintenant prĂ©senter la reconnaissance de ce conflit par certains des plus grands penseurs des temps anciens (plus tard je mentionnerai des penseurs similaires de lâĂ©poque contemporaine).
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MoĂŻse reprĂ©sentĂ© par Michel-Ange, avec les cornes symbolisant quâil Ă©tait âcapable
de parler avec Dieu, et de se confronter à la vérité du sens intégratif de la vie.
(Le Sens IntĂ©gratif et sa personnification par âDieuâ est expliquĂ© dans lâEssai LibertĂ© 23.)
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Jâai dĂ©jĂ mentionnĂ© dans ma prĂ©cĂ©dente prĂ©sentation lâhistoire dâAdam et Eve, vieille de 3500 ans, par le grand prophĂšte hĂ©breu MoĂŻse, qui dĂ©crit Adam et Eve comme vivant dans lâĂ©tat dâinnocence originelle du jardin dâEden (la dĂ©finition du dictionnaire pour le mot â Ă©dĂ©nique â est « la premiĂšre maison dâAdam et Eve⊠un Ă©tat dâinnocence, de fĂ©licitĂ© ou de bonheur ultime » (The Free Dictionary)), et comment ils ont ensuite pris le fruit de lâarbre de la connaissance, ce qui signifie Ă©videmment quâils sont devenus conscients, moment auquel ils sont devenus les victimes dâun comportement de division ou de âpĂ©chĂ©â. Câest donc une reconnaissance du fait que nous avons autrefois vĂ©cu en coopĂ©ration et avec amour, puis que nous sommes devenus conscients et que nous avons apparemment perdu la partie en devenant des pĂ©cheurs âmauvaisâ, coupables, compĂ©titifs et agressifs mĂ©ritant dâĂȘtre âbannisâ du jardin dâEden.
Bien sĂ»r, ce qui manque dans le rĂ©cit de MoĂŻse, câest lâexplication rĂ©demptrice critique de POURQUOI la recherche de connaissances nous a rendus colĂ©riques, Ă©gocentriques et aliĂ©nĂ©s, ce que, comme je lâai soulignĂ© dans ma prĂ©sentation prĂ©cĂ©dente, la science a depuis rendu possible avec sa dĂ©couverte de la diffĂ©rence de fonctionnement entre les gĂšnes et les nerfsâĂ savoir que si les gĂšnes peuvent donner des orientations aux espĂšces, les nerfs doivent comprendre les relations de cause Ă effet. Tous les Ă©lĂ©ments impliquĂ©s dans la production de la condition humaine par les instincts moraux en dĂ©saccord avec lâesprit conscient sont prĂ©sents dans lâhistoire dâAdam et Eve de MoĂŻse.
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Des reconnaissances similaires de lâexistence du passĂ© coopĂ©ratif et aimant de notre espĂšce, qui sâest corrompue lorsque nous sommes devenus conscients, peuvent ĂȘtre trouvĂ©es dans dâautres religions. Par exemple, le Bouddhisme Zen parle de la perte dâun Ă©tat pur et non contaminĂ© Ă la suite de lâintervention de lâesprit conscient, faisant rĂ©fĂ©rence à « la contamination de lâaffect (klesha) » ou « lâinterfĂ©rence de lâesprit conscient prĂ©dominĂ© par lâintellection (vijñÄna) ». Et les Ă©critures TaoĂŻstes prĂ©sentent une description de nos lointains ancĂȘtres comme Ă©tant « les Hommes de la Vertu Parfaite ». En effet, comme lâĂ©crivain amĂ©ricain Richard Heinberg le souligne dans son livre Memories & Visions of Paradise, chaque culture humaine a un mythe impliquant Ă la fois lâĂ©mergence de lâesprit conscient et une âchuteâ dâun âĂge dâOrâ originel de solidaritĂ© et de paix. Comme Heinberg lâa rĂ©sumĂ© dans la deuxiĂšme Ă©dition (1990) de son livre, « Toute religion commence par la reconnaissance que la conscience humaine a Ă©tĂ© sĂ©parĂ©e de la Source divine, quâun ancien sens dâunité⊠a Ă©tĂ© perdu⊠partout dans la religion et le mythe il y a une reconnaissance que nous nous sommes Ă©cartĂ©s dâune ... innocence originelle et que nous ne pouvons y revenir que par la rĂ©solution dâune profonde discorde intĂ©rieure ... la cause de la Chute est dĂ©crite de diverses maniĂšres comme la dĂ©sobĂ©issance, comme la consommation dâun fruit dĂ©fendu [de lâarbre de la connaissance], et en tant quâamnĂ©sie spirituelle [lâoubli, le blocage, lâaliĂ©nation/psychose] ». Encore une fois, cette « rĂ©solution dâune profonde discorde intĂ©rieure » entre notre Ă©tat « sĂ©parĂ© » dâ« innocence originelle » et notre esprit « conscient » dĂ©pendait de la science pour fournir une comprĂ©hension du fonctionnement des gĂšnes et des nerfs.
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Plus tard dans lâEssai LibertĂ© 53, qui, comme je lâai mentionnĂ©, est une prĂ©sentation plus longue et plus complĂšte de ce que jâexplique dans cet exposĂ©, jâinclus les descriptions faites par Heinberg de nombre de ces mythes culturels et enseignements religieux qui reconnaissent les Ă©lĂ©ments des âinstincts naĂŻfs, innocents, coopĂ©ratifs et aimants contre lâintellect conscient auto-ajustĂ© nouvellement dĂ©veloppĂ©â de la condition humaineâdes SumĂ©riens aux Babyloniens, aux Perses, aux HĂ©breux, aux Ăgyptiens, aux Africains, aux Hindous, aux AmĂ©ricains, aux Chinois, aux Romains et aux Grecs. Ă titre dâexemple, dans le cas des Grecs de lâAntiquitĂ©, Heinberg cite le trĂšs grand poĂšte grec HĂ©siode qui, environ 800 ans av. J.-C., Ă©crivit ceci Ă propos du temps prĂ©conscient de notre espĂšce (jâinsiste sur le texte soulignĂ©) : « Quand les dieux et les mortels sont nĂ©s / Une race dâor, les immortels sur terre se sont formĂ©sâŠComme des dieux ils vivaient, avec un esprit calme et serein/ Libres des peines et de lâangoisse de notre espĂšce / La vieillesse misĂ©rable sur eux ne pesait pasâŠEtrangers Ă la maladie, leur vie en festins coulait Ă flotsâŠMourant, ils sombraient dans le sommeil, et ne semblaient pas mourir / Tous les biens Ă©taient Ă eux ; le sol fĂ©cond produisait de lui-mĂȘme une abondante et gĂ©nĂ©reuse rĂ©colte ; le travail leur Ă©tait inconnu / Ils avaient des bien abondants au milieu de terres tranquilles / Tous spontanĂ©ment partageaient la cueillette de leurs mains. » Alors oui, ils nâavaient pas un esprit conscient troublĂ©, et ils vivaient une vie de partage et de douceur.
HĂ©siode a Ă©galement racontĂ© comment cet âĂge dâOrâ a pris fin, racontant comment PromĂ©thĂ©e a volĂ© le feuâqui, comme je vais lâexpliquer sous peu, reprĂ©sente lâesprit conscientâde ses frĂšres dieux et lâa donnĂ© aux humains pour leur usage, un acte qui a rendu furieux les Dieux, et Jupiter en particulier, qui a ripostĂ© « lorsquâil vit parmi les hommes la lueur prolongĂ©e de la flamme, et ⊠leur suscita soudain une grande infortune ». Jupiter a puni PromĂ©thĂ©e en le faisant attacher au sommet dâune montagne oĂč, chaque jour Ă perpĂ©tuitĂ©, « il envoya contre lui un aigle aux ailes Ă©tendues qui rongeait son foie immortel ». Et il punit lâhumanitĂ© en crĂ©ant la tristement cĂ©lĂšbre femme Pandore, qui ouvrit un grand « vase » contenant une multitude de « maux terribles » de sorte que « mille calamitĂ©s entourent les hommes de toutes parts : la terre est remplie de maux, la mer en est remplie, les maladies se plaisent Ă tourmenter les mortels nuit et jour ». La punition de Jupiter pour le vol de feu de PromĂ©thĂ©e a mis fin Ă âlâĂge dâOrâ ; oĂč « Auparavant, les tribus des hommes vivaient sur la terre, exemptes des tristes souffrances, du pĂ©nible travail et de ces cruelles maladies ⊠[il est apparu une situation oĂč] mille calamitĂ©s entourent les hommes de toutes parts ... les maladies se plaisent Ă tourmenter les mortels nuit et jour et leur apportent en silence toutes les douleurs ». HĂ©siode raconte alors ses cinq Ăąges de lâhommeâĂ partir de âlâĂge dâOrâ de lâinnocence est venu âlâĂge dâArgentâ oĂč il y avait encore une certaine innocence, puis âlâĂge dâAirainâ oĂč les hommes Ă©taient durs et guerriers, puis âlâĂge des HĂ©rosâ, et enfin son propre Ăąge, le complĂštement corrompu âĂge de Ferâ, oĂč la « misĂšre » sâest aggravĂ©e au point oĂč HĂ©siode crie : « PlĂ»t aux dieux que je ne vĂ©cusse pas au milieu de la cinquiĂšme gĂ©nĂ©ration ! Que ne suis-je mort avant ! Que ne puis-je naĂźtre aprĂšs ! Câest lâĂąge de fer qui rĂšgne maintenant. Les hommes ne cesseront ni de travailler et de souffrir pendant le jour ni de se corrompre pendant la nuit ». Ă la lumiĂšre de ce qui a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©, nous pouvons maintenant comprendre que dans cette histoire le feu est la mĂ©taphore de lâintellect conscient (comme dans de nombreuses mythologies; en effet, âPromĂ©thĂ©eâ signifie littĂ©ralement âprĂ©voyanceâ), et que les consĂ©quences de lâapparition de la conscience chez les humains Ă©taient des « maux terribles », des « calamitĂ©s » et « douleurs », ce qui explique pourquoi PromĂ©thĂ©e a Ă©tĂ© puni par les DieuxâĂ leurs yeux, son don de la conscience aux humains Ă©tait responsable de « corrompre » lâespĂšce humaine, de notre rupture avec les idĂ©aux Divins.
Ainsi, les Ă©lĂ©ments dâune orientation instinctive morale originelle qui sont ensuite entrĂ©s en conflit avec un esprit conscient Ă©taient prĂ©sents dans ces mythes de la GrĂšce antique, mais bien sĂ»r, comme Ă lâĂ©poque de MoĂŻse, la connaissance scientifique permettant de justifier de la bonne raison expliquant POURQUOI le conflit sâest produit nâexistait pas.
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Platon, comme HĂ©siode, est un autre trĂšs grand penseur de la GrĂšce antique. En effet, Alfred North (A.N.) Whitehead, lui-mĂȘme lâun des philosophes les plus rĂ©putĂ©s du vingtiĂšme siĂšcle, a dĂ©crit lâhistoire de la philosophie comme Ă©tant simplement « une sĂ©rie de rĂ©fĂ©rences Ă Platon ». Puisque la philosophie est lâĂ©tude des « vĂ©ritĂ©s sous-jacentes Ă toute rĂ©alitĂ© » (Macquarie Dictionary, 3e Ă©d., 1998), et que Platon Ă©tait le champion de cette Ă©tude des vĂ©ritĂ©s sous-jacentes Ă toute rĂ©alitĂ©, nous pouvons nous attendre Ă ce que Platon reconnaisse Ă©galement les Ă©lĂ©ments de la condition humaine relatifs aux instincts moraux vs lâintellect conscient, et il lâa certainement fait. En 360 avant JC, il a donnĂ© cette description exceptionnellement honnĂȘte du temps prĂ©conscient de notre espĂšce dans un Ă©tat dâinnocence: « [il fut un temps oĂč lâon...] contemplait le plus beau spectacle, [et lâon Ă©tait] initiĂ©s Ă des mystĂšres quâil est permis dâappeler les plus saints de tous, et que nous cĂ©lĂ©brions vĂ©ritablement quand, jouissant encore de toutes nos perfections et ignorant les maux de lâavenir, nous admirions ces beaux objets parfaits, simples, pleins de bĂ©atitude et de calme, qui se dĂ©roulaient Ă nos yeux au sein de la plus pure lumiĂšre, non moins purs nous-mĂȘme, et libres encore de ce tombeau quâon appelle le corps, et que nous trainons avec nous comme lâhuitre traine la prison qui lâenveloppe ». Platon a Ă©galement donnĂ© cette autre description honnĂȘte de âlâĂge dâOrâ innocent du passĂ© de notre espĂšce, en dĂ©crivant une Ă©poque oĂč nous vivions une « vie bĂ©nie et spontanĂ©e... et quâil nây avait ni violence, ni dĂ©voration de lâautre, et quâil nây avait ni guerre ni querelle⊠En ce temps-lĂ , Dieu lui-mĂȘme Ă©tait leur berger, et les gouvernait [en dâautres termes, notre moi instinctif originel Ă©tait orientĂ© Ă suivre des idĂ©aux coopĂ©ratifs et dâamour] » et « Sous sa gouverne, il nây avait ni Etats ni possession de femmes et dâenfants ; car tous les hommes naissaient encore de la terre, sans garder aucun souvenir de leur passĂ© [nous vivions dans un Ă©tat prĂ©conscient]. Et...ils avaient Ă profusion des fruits que leur donnaient les arbres et autres plantes, fruits qui poussaient sans culture et que la terre produisait dâelle-mĂȘme. Ils vivaient la plupart du temps en plein air sans habit et sans lit ; car les saisons Ă©taient si bien tempĂ©rĂ©es quâils nâen souffraient aucune incommoditĂ© et ils trouvaient des lits moelleux dans lâĂ©pais gazon qui sortait de la terre. »
Pour dĂ©crire lâĂ©mergence de la conscience et la corruption de nos instincts moraux aimants, Platon a utilisĂ© une analogie de char Ă deux chevaux dans laquelle lâesprit conscient « bondit et saute avec violence, [et] donne toutes les peines Ă son compagnon dâattelage [nos instincts moraux coopĂ©ratifs et aimants]⊠[En commettant] des actes indignes et affreux [qui dĂ©fient nos instincts moraux] ». Et ailleurs, Platon a Ă©galement dĂ©crit comment, aprĂšs lâĂ©mergence de la conscience, les humains « durent se conduire par eux-mĂȘmes et prendre soin dâeux-mĂȘmes », aprĂšs quoi « le pilote de lâunivers, lĂąchant la barre du gouvernail, se retira [lorsque lâĂ©tat corrompu de la condition humaine a Ă©mergĂ©] » ; une situation dans laquelle il a dit : « pendant chaque pĂ©riode qui suit immĂ©diatement cet abandon, il administre encore tout pour le mieux [notre intellect sâest en grande partie reportĂ© Ă nos instincts] ; mais Ă mesure que le temps sâĂ©coule et que lâoubli survient [de plus en plus de dĂ©ni malhonnĂȘte avec la sĂ©paration aliĂ©nante de notre moi moral instinctif parce quâil nous critiquait de plus en plus] ⊠et, Ă la fin, il se dĂ©veloppe Ă tel point que, ne mĂȘlant plus que peu de bien Ă beaucoup de mal, il en arrive Ă se mettre en danger de pĂ©rir lui-mĂȘme et tout ce qui est en lui ». Et câest la situation Ă laquelle nous sommes arrivĂ©s aujourdâhui oĂč la perturbation des humains est maintenant si grande que nous FAISONS face au « danger de pĂ©rir [nous]-mĂȘme » et notre monde avec !
De toute Ă©vidence, vivant Ă une Ă©poque oĂč la science devait encore ĂȘtre dĂ©veloppĂ©e, Platon, comme MoĂŻse et HĂ©siode, Ă©tait Ă©galement incapable de fournir la bonne raison du POURQUOI nous avons quittĂ© notre Ă©tat âdâinnocenceâ, Ă savoir que âles-instincts-peuvent-orienter-mais-seuls-les nerfs-peuvent-comprendre", et sommes apparemment, comme il lâa dĂ©crit, devenus des personnes « indignes » et mauvaises.
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Les bonobos attestent de notre héritage affectif, coopératif et aimant
Comme câest probablement une question trĂšs urgente dans lâesprit de lâauditeur/lecteur, je vais maintenant expliquer briĂšvement comment nos lointains ancĂȘtres singes sont arrivĂ©s Ă vivre dans un Ă©tat instinctif coopĂ©ratif et aimant. En effet, cette question de savoir comment nous, les humains, avons acquis notre moi ou notre Ăąme instinctive morale a Ă©tĂ© lâune des grandes questions biologiques en suspens. Et la raison pour laquelle cela a Ă©tĂ© une question si importante pour nous, les biologistes, câest parce que nous savons que les gĂšnes ne peuvent normalement pas sĂ©lectionner des traits inconditionnellement auto-sacrificiels et pleinement coopĂ©ratifs, simplement parce que ces traits ont tendance Ă sâauto-Ă©liminer et ne peuvent donc normalement pas sâĂ©tablir dans une espĂšceââBien entendu, vous pouvez ĂȘtre altruiste envers moi et sacrifier vos gĂšnes pour moi, mais je ne suis pas prĂȘt Ă faire la mĂȘme chose et sacrifier mes gĂšnes pour vous.â Le processus de sĂ©lection naturelle dicte que lâopportunisme Ă©goĂŻste exploitera toujours lâaltruisme. Alors, comment un processus aussi Ă©goĂŻste aurait-il pu crĂ©er un tel altruisme aimant en nous ? Comme il est expliquĂ© dans lâEssai LibertĂ© 21, la façon dont cela a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© chez nos ancĂȘtres Ă©tait par les soins maternels.
Pour expliquer ce qui est si important avec les soins administrĂ©s par une mĂšre Ă sa progĂ©niture, je dois dâabord souligner que lâinstinct maternel dâune mĂšre de prendre soin de sa progĂ©niture est Ă©goĂŻste car elle assure la reproduction de ses gĂšnes en sâoccupant de sa progĂ©niture qui porte ses gĂšnes. Le maternalisme est donc un trait Ă©goĂŻste qui, comme je viens de le dire, doit normalement lâĂȘtre pour se reproduire et de se perpĂ©tuer dans la gĂ©nĂ©ration suivante. CEPENDANT, et câest trĂšs important, du point de vue du nourrisson, le maternalisme a lâapparence dâĂȘtre dĂ©sintĂ©ressĂ©. Du point de vue du nourrisson, il est traitĂ© de maniĂšre inconditionnellement altruisteâla mĂšre donne Ă sa progĂ©niture nourriture, chaleur, abri, soutien et protection pour rien en retour. Il sâensuit donc que si lâenfant peut rester en bas Ăąge pendant une pĂ©riode prolongĂ©e et ĂȘtre traitĂ© avec beaucoup dâamour apparemment inconditionnel, il sera endoctrinĂ© par cet amour dĂ©sintĂ©ressĂ© et grandira en se comportant en consĂ©quence. Comme expliquĂ© plus en dĂ©tail dans lâEssai LibertĂ© 21, le maternalisme Ă©goĂŻste peut entraĂźner un enfant Ă la coopĂ©ration altruiste.
Et si nous pensons aux primates, Ă©tant semi-debout du fait de vivre dans les arbres, et ayant ainsi les bras libres pour tenir un bĂ©bĂ© Ă charge, il est clair quâils sont particuliĂšrement facilitĂ©s pour soutenir et prolonger la relation mĂšre-enfant, et ainsi dĂ©velopper ce comportement aimant et coopĂ©ratif. Et en fait, la variĂ©tĂ© bonobo de chimpanzĂ©s, qui vit au sud du fleuve Congo en Afrique, est extraordinairement matriarcale, ou focalisĂ©e sur le rĂŽle fĂ©minin, et consacre Ă©normĂ©ment dâattention aux nourrissons, comme lâillustrent les photos suivantes, et par consĂ©quent les bonobos sont les plus coopĂ©ratifs et les plus aimants de tous les primates, comme le rĂ©vĂšlent les citations qui suivent. Et les bonobos sont aussi nos plus proches parents vivants, partageant 98,7% de notre ADN. Nous pouvons donc voir que les bonobos fournissent la preuve parfaite de la façon dont nos lointains ancĂȘtres singes sont devenus coopĂ©ratifs et aimants.
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Citations illustrant la nature extraordinairement aimante des bonobos.
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« Les bonobos adultes dĂ©montrent une grande compassion les uns envers les autres...Par exemple, Kitty, lâaĂźnĂ©e des femelles, est complĂštement aveugle et malentendant. Parfois, elle est perdue et confuse. Ils la prendront par la main et lâemmĂšneront simplement lĂ oĂč elle doit aller »
Barbara Bell, gardienne de zoo
« La vie des bonobos est centrĂ©e sur la progĂ©niture. Contrairement Ă ce qui se passe chez les chimpanzĂ©s, tous les membres du groupe social des bonobos aident aux soins des enfants et partagent la nourriture avec eux. Si vous ĂȘtes un bĂ©bĂ© bonobo, vous ne pouvez pas faire de malâŠLes femelles bonobo et leurs bĂ©bĂ©s forment le noyau du groupe »
Primatologue Sue Savage-Rumbaugh
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« Ce sont sĂ»rement les animaux les plus fascinants de la planĂšte. Ce sont les animaux les plus proches de lâhomme... Une fois, jâai Ă©tĂ© frappĂ© sur la tĂȘte par une branche sur laquelle Ă©tait suspendu un bonobo. Je me suis assis et le bonobo a remarquĂ© que jâĂ©tais dans une situation difficile et il est venu me prendre par la main et a dĂ©placĂ© mes cheveux en arriĂšre, comme ils le font. Alors ils vivent de compassion, et câest vraiment intĂ©ressant Ă vivre »
Réalisateur du film français Bonobos
« Lâamour des bonobos est comme un rayon laser. Ils sâarrĂȘtent. Ils vous regardent comme sâils avaient attendu toute leur vie que vous marchiez dans leur jungle. Et puis ils vous aiment avec un tel abandon dĂ©vouĂ© que vous les aimez en retour. Vous devez les aimer en retour »
RĂ©cit de premiĂšre main sur la capacitĂ© illimitĂ©e dâamour des bonobos par la chercheuse spĂ©cialiste des bonobos Vanessa Woods Ă partir de son Ă©tude dans leur habitat naturel du bassin du Congo
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Vous pouvez en lire dâavantage sur lâincroyable coopĂ©ration
affective dans la vie des bonobos dans lâEssai LibertĂ© 21.
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Lâimage suivante dâun groupe de bonobos se reposant dans une clairiĂšre herbeuse Ă©quivaut parfaitement Ă la description que Platon a donnĂ©e plus tĂŽt de ce quâĂ©tait la vie des humains Ă âlâĂge dâOrâ de lâattention commune : « Ils vivaient la plupart du temps en plein air sans habit et sans lit ; car les saisons Ă©taient si bien tempĂ©rĂ©es quâils nâen souffraient aucune incommoditĂ© et ils trouvaient des lits moelleux dans lâĂ©pais gazon qui sortait de la terre. » Il est clair que nous avons une mĂ©moire instinctive parfaite (si nous ne choisissons pas de la nier) de ce Ă quoi ressemblait la vie avant âla chuteâ parce que Platon ne connaissait pas lâexistence des bonobos et savait pourtant exactement Ă quoi ressemblait notre vie semblable-Ă -celle-des-bonobos avant âla chuteâ.
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Votre prochaine question pourrait bien ĂȘtre : âMais pourquoi nâai-je pas entendu parler de cette explication raisonnablement Ă©vidente de la nature morale des humains ?â Eh bien, tout comme la vĂ©ritĂ© Ă©vidente que notre espĂšce vivait autrefois en coopĂ©ration et avec amour, cette vĂ©ritĂ© que nous avons acquis nos instincts moraux grĂące aux soins portĂ©s aux nourrissons a Ă©tĂ© une vĂ©ritĂ© insupportable alors que nous ne pouvions pas expliquer pourquoi nous, les humains, sommes devenus si compĂ©titifs et agressifs et par consĂ©quent avons perdu la capacitĂ© Ă prendre adĂ©quatement soin de notre progĂ©niture avec un altruisme ou amour inconditionnel. La vĂ©ritĂ© du passĂ© coopĂ©ratif Ă©dĂ©nique, innocent et aimant de notre espĂšce, et la vĂ©ritĂ© que lâaffection maternelle est ce qui nous a rendu humains, ont Ă©tĂ© toutes deux des vĂ©ritĂ©s impossibles Ă accepter alors que nous ne pouvions pas vĂ©ritablement expliquer la condition humaine, expliquer pourquoi notre espĂšce a Ă©tĂ© corrompue et a perdu la capacitĂ© Ă affectionner pleinement sa progĂ©niture. Comme il a Ă©tĂ© observĂ©, « les parents prĂ©fĂšrent admettre quâils sont des meurtriers Ă la hache plutĂŽt quâune mauvaise mĂšre ou un mauvais pĂšre » !
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Encore une fois, lâEssai 21 dĂ©crit comment lâaffection maternelle nous a donnĂ© nos instincts morauxâainsi que le scientifique qui a osĂ© lâadmettre.
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PARTIE 2 La source de la colĂšre volcanique chez les humains et pourquoi nous avons dĂ» utiliser la fausse excuse des âinstincts sauvagesâ
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Je veux maintenant interrompre cette prĂ©sentation des penseurs qui ont reconnu les Ă©lĂ©ments de lâinstinct vs lâintellect de la condition humaine pour premiĂšrement parler davantage de lâeffet de la âdouble peineâ dâavoir offensĂ© nos instincts moraux, et deuxiĂšmement de pourquoi nous nâavions pas dâautre choix que dâemployer la fausse excuse des âinstincts sauvagesâ.
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DâoĂč est venu la colĂšre volcanique chez les humains
Ce que je veux ajouter Ă ce que jâai dit Ă propos de la âdouble peineâ que nous, les humains conscients, avons dĂ» endurer (dâĂȘtre condamnĂ©s pour avoir dĂ©fiĂ© nos instincts, puis Ă nouveau pour avoir rĂ©pondu Ă cette condamnation dâune maniĂšre colĂ©rique, Ă©gocentrique et aliĂ©nĂ©e qui a dâavantage offensĂ© nos instincts moraux spĂ©cifiques) sont les consĂ©quences de nâavoir jamais acceptĂ© que nous mĂ©ritions toute cette condamnation. En fait, ce qui nous a permis de continuer tout au long de ces 2 millions dâannĂ©es (qui est la pĂ©riode probable oĂč nous, les humains, avons Ă©tĂ© pleinement conscients) oĂč nous avons dĂ» vivre avec cette terrible condamnation, câest que nous avons toujours cru intuitivement quâil devait y avoir une raison Ă notre condition corrompue et quâun jour nous trouverions cette explication rĂ©demptrice et psychologiquement soulageanteâque, comme je le soutiens, nous avons enfin trouvĂ©.
Si nous pensons Ă lâampleur de lâinjustice de cette situation oĂč, pendant environ 2 millions dâannĂ©es, nous avons Ă©tĂ© condamnĂ©s comme des monstres malĂ©fiques, destructeurs-de-lâinnocence, annihilateurs-du-Jardin dâEden, par le monde entier alors que tout ce temps nous ne pensions pas lâĂȘtre, mais ne pouvions pas expliquer pourquoi, nous pouvons voir dâoĂč vient toute la frustration volcanique et la colĂšre dĂ©moniaque en nous, les humains.
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Imaginez vivre un seul jour avec lâinjustice dâĂȘtre condamnĂ© comme mauvais, malfaisant et indigne alors que vous sauriez intuitivement, mais seriez incapable dâexpliquer, que vous ĂȘtes en fait tout le contraire, Ă savoir vraiment merveilleux, bons et pleins de sens âen fait, comme il sâavĂšre, les hĂ©ros de toute lâhistoire de la vie sur Terre ! Ă quel point seriez-vous tourmentĂ©sâĂ quel point perturbĂ©âĂ la fin de cette journĂ©e ? Vous seriez blessĂ©s jusquâau cĆur et furieux ! Alors extrapolez cette expĂ©rience sur 2 millions dâannĂ©es et vous pourrez commencer Ă apprĂ©cier la frustration et la colĂšre volcaniques qui doivent maintenant exister en nous, humains ! Alors que nous avons appris Ă retenir et Ă dissimuler de maniĂšre significativeâĂ âciviliserââla quantitĂ© phĂ©nomĂ©nale de perturbation en nous, sous la surface, notre espĂšce doit bouillir de rage, et parfois, lorsque notre retenue ne peut plus trouver un moyen de la contenir, la colĂšre doit sâexprimerâdâoĂč notre capacitĂ© Ă commettre des actes choquants de cruautĂ©, de sadisme, de haine, de meurtre et de guerre. Et il nâest pas Ă©tonnant que nous ayons menĂ© une existence si Ă©vasive, pratiquant le dĂ©ni, mentant, âĂ©vitant-Ă -tout-prix-la-vĂ©ritĂ©-de-notre-Ă©tat-corrompuâ, fuyant, superficielle et artificielle, avare, âĂ©touffons-nous-de-gloire-matĂ©rielle-alors-que-nous-manquons-de-la-gloire-spirituelle-de-la-comprĂ©hension-compatissante-de-nous-mĂȘmesâ, recherchant le pouvoir, la renommĂ©e, la fortune et la gloire.
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Nous sommes vĂ©ritablement des crĂ©atures en dĂ©tresse psychologiqueâmais maintenant, nous pouvons enfin nous expliquer et mettre fin Ă la psychose. Le mot « psychiatrie » signifie littĂ©ralement « guĂ©rison de lâĂąme » (dĂ©rivĂ© de psychĂ© signifiant « Ăąme » et iatreia qui signifie « guĂ©rison »âvoir les paragraphes 63 et 72 de LIBERTĂ), mais jamais auparavant nous nâavons Ă©tĂ© en mesure de âguĂ©rir notre Ăąmeâ, dâexpliquer Ă notre moi instinctif originel ou Ăąme que notre moi pensant pleinement conscient est bon et non mauvais et, ce faisant, rĂ©concilier et guĂ©rir notre moi divisĂ©. Le psychanalyste Carl Jung nâa jamais cessĂ© de dire que « lâintĂ©gritĂ© pour les humains dĂ©pend de la capacitĂ© de supporter notre propre ombre »âeh bien maintenant, nous pouvons enfin nous aimer. Tout le monde peut rentrer au chaud maintenant. LâespĂšce humaine peut enfin ressentir un soulagement profond et durable !
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Pourquoi nous devions utiliser la fausse excuse des âinstincts sauvagesâ
Non seulement lâinjustice de notre situation a provoquĂ© en nous une frustration et une colĂšre volcaniques, mais la honte astronomique, la culpabilitĂ© et lâinsĂ©curitĂ© de paraĂźtre comme des crĂ©atures viles, perverses et destructrices dâinnocence ont Ă©galement nĂ©cessitĂ© que nous trouvions une excuse pour notre condition corrompue pendant que nous cherchions la vraie raisonâet câest lĂ que lâexcuse manifestement fausse des âinstincts sauvagesâ est venue Ă notre secours.
Pour apprĂ©cier pleinement lâagonie de notre condition humaine, nous devons continuer Ă nous plonger dans lâhorreur totale de notre situation. Si notre espĂšce vivait autrefois dans un Ă©tat pacifique merveilleusement coopĂ©ratif, dĂ©sintĂ©ressĂ© et aimant, comme lâont reconnu les grands penseurs que je viens de mentionner, alors quelle honte extrĂȘme devons-nous ressentir pour notre condition corrompue ? La question qui rĂ©clame une rĂ©ponse est la suivante : âPourquoi diable aurions-nous Ă©tĂ© si stupides dâavoir quittĂ© une existence aussi merveilleuse ? Comment expliquer la soi-disant âchute en disgrĂąceâ de notre espĂšce ; pourquoi nous sommes-nous Ă©cartĂ©s de notre mode de vie instinctif originel Ă©dĂ©nique de nos instincts moraux et sommes-nous devenus des guerriers brutalement agressifs, des concurrents Ă©gomaniaques et des fous psychotiques et nĂ©vrotiques? Pourquoi avons-nous dĂ©truit le paradis, transformĂ© lâutopie en dystopie !?â Cela a Ă©tĂ© notre terrible situation : comment diable pouvions-nous expliquer et justifier cet acte apparent de folie. MĂȘme si nous pensions intuitivement que ce nâĂ©tait pas vrai, notre comportement semblait impliquer irrĂ©futablement que nous sommes dâhorribles monstres ?!
De toute Ă©vidence, essayer de vivre avec lâimplication que nous sommes des monstres mĂ©chants et indignes a Ă©tĂ© insupportable, ce qui signifie quâil Ă©tait absolument impĂ©ratif que nous trouvions une excuse procurant un peu de soulagement et justifiant notre Ă©tat corrompu en attendant que lâexplication rĂ©elle soit trouvĂ©eâet, comme je lâai dit, câest lĂ que lâexcuse des âinstincts sauvagesâ est venue Ă notre secours.
Aussi clairement faux que cela soit, nous pouvions appliquer un peu dâauto-duperie mentale pour nous persuader que, âRegardez, les animaux sont en compĂ©tition et se battent tout le temps, donc câest aussi notre hĂ©ritage animalâ ! Fondamentalement, oublier simplement le fait que nous avons des instincts moraux aimants et embrasser avec dĂ©termination lâexcuse des âinstincts sauvagesâ ! Sans surprise vraiment, Ă©tant donnĂ© lâagonie de notre pĂ©nible situation, quand nous, les humains, sommes acculĂ©s psychologiquement, toute excuse fera lâaffaire, nous devons juste en trouver uneâet câest ce que nous avons fait avec lâexcuse des âinstincts sauvagesâ.
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Encore une fois, comme je lâai dit dans la deuxiĂšme vidĂ©o/essai de cette sĂ©rie, cette excuse selon laquelle nous avons des instincts sauvages animaux motivĂ©s par le besoin de reproduire nos gĂšnes comme les autres animaux est lâexcuse que pratiquement tout le monde a utilisĂ©e pour notre comportement compĂ©titif, Ă©goĂŻste et agressif affligĂ© par la condition humaine. Nos conversations sont saturĂ©es de cette justification de notre comportement fondĂ©e sur les âinstincts sauvagesâ, avec des commentaires tels que : âNous sommes programmĂ©s par nos gĂšnes pour essayer de dominer les autres et ĂȘtre un gagnant dans la bataille de la vieâ, âNotre prĂ©occupation pour la conquĂȘte sexuelle est due Ă notre instinct primitif de semer nos grainesâ, âLes hommes se comportent de maniĂšre abominable parce que leur corps est inondĂ© de testostĂ©rone pour reproduire leurs gĂšnesâ, âNous voulons une grande maison parce que nous sommes intrinsĂšquement territoriauxâ, âLes combats et la guerre ne sont que notre nature animale qui sâexprimeâ et âLes religions ne sont que des manifestations de notre mentalitĂ© de groupe axĂ©e sur la survieâ. Et puis il y a le commentaire le plus courant de tous, que âCâest juste la nature humaine dâĂȘtre Ă©goĂŻsteâ. Nous nous sommes leurrĂ©s en disant que dâautres animaux sont constamment en compĂ©tition et se battent les uns avec les autres dans le but dâassurer la reproduction de leurs gĂšnes, et donc que câest aussi ce que nos ancĂȘtres ont fait, et câest donc de lĂ que vient notre comportement brutal de compĂ©tition et dâagressivitĂ©, que nousâânousâ Ă©tant notre moi conscientâdevions passer toute notre vie Ă essayer de contrĂŽler.
Mais encore une fois, comme je lâai soulignĂ©, la thĂ©orie des âinstincts sauvagesâ nâest tout simplement pas vraie, câest juste une excuse commode que nous avons trouvĂ©e. PremiĂšrement, nous les humains, nâavons pas dâinstincts sauvages de compĂ©tition, Ă©goĂŻstes et agressifs comme les autres animaux, nous avons des instincts moraux coopĂ©ratifs, dĂ©sintĂ©ressĂ©s et aimants, qui sâexpriment Ă travers ce que nous appelons notre conscience ; souvenez-vous des paroles de Darwin : « Le sens moral offre peut-ĂȘtre la meilleure et la plus haute distinction entre lâhomme et les animaux infĂ©rieurs. » Et deuxiĂšmement, les mots utilisĂ©s pour dĂ©crire le comportement humain tels quâĂ©gocentrique, arrogant, inspirĂ©, dĂ©primĂ©, trompĂ©, pessimiste, optimiste, haineux, cynique, mĂ©chant, immoral, brillant, culpabilisĂ©, malfaisant, psychotique ou nĂ©vrosĂ©, reconnaissent tous lâimplication de lâesprit pensant pleinement conscient de NOTRE espĂšce. Ils dĂ©montrent quâil y a une dimension psychologique Ă notre comportement ; que nous ne souffrons pas dâune âcondition animaleâ liĂ©e Ă lâopportunisme gĂ©nĂ©tique, mais dâune CONDITION HUMAINE psychologiquement troublĂ©e.
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Certains des nombreux livres scientifiques qui rendent compte du comportement humain en utilisant la fausse excuse des âinstincts sauvagesââvoir VidĂ©o/âEssai LibertĂ© 14.
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De plus, si nous avons des instincts moraux coopĂ©ratifs, dĂ©sintĂ©ressĂ©s et aimants (ce que nous avons, comme Darwin lâa dit), et non des instincts compĂ©titifs, Ă©goĂŻstes et agressifs comme les autres animaux, alors ces instincts coopĂ©ratifs et aimants doivent provenir dâune Ă©poque oĂč nos ancĂȘtresâvraisemblablement nos lointains ancĂȘtres singesâvivaient de maniĂšre coopĂ©rative, dĂ©sintĂ©ressĂ©e et aimante. Et en fait, nos ancĂȘtres singes ont vĂ©cu de maniĂšre coopĂ©rative, dĂ©sintĂ©ressĂ©e et aimante, et, comme cela a Ă©tĂ© maintenant expliquĂ©, câest en affectionnant leurs enfants, comme le font les bonobos, quâils ont rĂ©ussi Ă atteindre ce merveilleux mode de vie doux, partageur, coopĂ©ratif et pacifique que MoĂŻse, HĂ©siode et Platon, et beaucoup dâautres grands penseurs dâautrefois, ont reconnu.
Mais comme je lâai soulignĂ©, lâimmense problĂšme que nous avons eu avec cette vĂ©ritĂ© selon laquelle nos ancĂȘtres Ă©taient coopĂ©ratifs, dĂ©sintĂ©ressĂ©s et aimants, câest quâelle a condamnĂ© de maniĂšre absolument insupportable notre condition de corruption actuelle, ce qui signifie que nous devions simplement trouver un moyen de la nier, et câest donc lĂ que lâexcuse des âinstincts sauvagesâ est venue Ă notre secours. Nous devons mesurer Ă quel point notre situation a Ă©tĂ© diabolique. Ce nâest que lorsque la science a rĂ©vĂ©lĂ© la diffĂ©rence entre les orientations instinctives et les comprĂ©hensions conscientes que nous, les humains, avons finalement Ă©tĂ© en mesure dâexpliquer la vraie raison de notre comportement compĂ©titif et agressif. JusquâĂ ce que nous dĂ©couvrions les nerfs et les gĂšnes et leur fonctionnement, chaque fois que nous pensions sincĂšrement Ă notre condition humaine âcorrompueâ ou âdĂ©chueâ, destructrice de notre innocence, assassine du jardin dâEden, la seule conclusion Ă laquelle nous pouvions arriver Ă©tait que nous devions ĂȘtre dâhorribles monstres. Sans la science nous offrant la capacitĂ© dâexpliquer les nerfs et les gĂšnes, nous Ă©tions complĂštement bloquĂ©s et dans lâincapacitĂ© de nous expliquer honnĂȘtement.
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Et comme la science nâa dĂ©couvert lâexistence des gĂšnes et des nerfs et leur fonctionnement quâau cours des 160 derniĂšres annĂ©es environ (depuis que Darwin a publiĂ© sa thĂ©orie de la sĂ©lection naturelle), câest une quantitĂ© stupĂ©fiante de temps que nous les humains pleinement conscients avons eu Ă vivre sans la capacitĂ© Ă nous expliquer honnĂȘtementâenviron 2 millions dâannĂ©es en fait.
Alors maintenant, nous pouvons voir Ă quel point il a Ă©tĂ© important de nier que nos ancĂȘtres vivaient en coopĂ©ration et avec amour et au lieu de ça, se leurrer en croyant quâils Ă©taient des brutes sauvages essayant de reproduire leurs gĂšnes comme les autres animauxâparce que, sans ce dĂ©ni et cette excuse, nous nâaurions tout simplement pas pu nous en sortir et vivre avec nous-mĂȘme pendant tout ce temps ! Et nous pouvons aussi voir maintenant quel soulagement absolument incroyable câest dâavoir la vraie raison de notre condition corrompue et de ne plus avoir Ă continuer la mascarade de croire en une fausse excuse ! Et il nây a pas seulement le soulagement de ne plus avoir Ă mentir bĂȘtement, cette vĂ©ritable comprĂ©hension que nous avons maintenant de la condition humaine permet Ă chaque ĂȘtre humain de ne plus avoir Ă vivre une existence Ă©gocentrique, agressive, dĂ©fensive et vengeresse. Nous pouvons ĂȘtre transformĂ©s pour vivre sans condition humaine, ce qui est un changement fabuleux que Tony Gowing dĂ©crit dans la prochaine vidĂ©o/âessai (5), et je le dĂ©crirai plus en dĂ©tail dans lâEssai LibertĂ© 15. Donc, il nây a vraiment aucune comparaison entre la vie que nous avons eue jusquâĂ prĂ©sent et ce quâil nous est maintenant offert !!! [Visitez notre page Transformation pour en savoir plus sur le Mode de Vie TransformĂ©, et lâexemple magnifique de Tony pour lâĂtat TransformĂ©.]
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PARTIE 3 Les penseurs contemporains qui ont reconnu les Ă©lĂ©ments de base de lâinstinct vs lâintellect impliquĂ©s dans la production de la condition humaine
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Le point principal de ce qui vient dâĂȘtre expliquĂ© est que jusquâĂ ce que la science rĂ©vĂšle la diffĂ©rence dans le fonctionnement des gĂšnes et des nerfs et, ce faisant, nous permette dâexpliquer vĂ©ritablement pourquoi nous, les humains, sommes devenus compĂ©titifs, agressifs et Ă©goĂŻstes (ce que, encore une fois, je suggĂšre ĂȘtre lâexplication prĂ©sentĂ©e dans la vidĂ©o/essai prĂ©cĂ©dente), nous nâavions pas dâautre choix que dâutiliser lâexcuse malhonnĂȘte des âinstincts sauvagesâ pour notre comportement de division. Cela soulĂšve la question de, puisque ces comprĂ©hensions du fonctionnement des gĂšnes et des nerfs sont connues depuis environ 160 ans, pourquoi lâexplication instinct vs intellect que jâai donnĂ©e pour la condition humaine nâa-t-elle pas Ă©tĂ© trouvĂ©e auparavantâet pourquoi la science nâest-t-elle pas accourue pour reconnaĂźtre cette dĂ©couverte ? La raison pour laquelle cela nâa pas Ă©tĂ© trouvĂ© est que presque tous les scientifiques, comme pratiquement tous les autres humains, se sont profondĂ©ment engagĂ©s Ă Ă©viter le problĂšme insupportable de la condition humaine (la terrifiante question de savoir pourquoi nous sommes si corrompus, et nos Ăąmes dĂ©truites) et sont habituĂ©s Ă utiliser lâexcuse des âinstincts sauvagesâ pour se dĂ©fendre. Jâai dĂ» penser indĂ©pendamment de la pensĂ©e scientifique dominante pour rĂ©flĂ©chir suffisamment honnĂȘtement Ă la condition humaine pour la rĂ©soudre. Et, pour ce qui est de faire accepter cette comprĂ©hension par l'establishment scientifique, la science a toujours mis du temps Ă passer Ă un nouveau paradigme de pensĂ©e, surtout lorsque le nouveau paradigme est plus vĂ©ridiqueâune difficultĂ© que le dramaturge George Bernard Shaw a reconnue lorsquâil a dit que « Toutes les grandes vĂ©ritĂ©s commencent comme des blasphĂšmes. » Vous pouvez en apprendre beaucoup plus sur le dĂ©ni de la condition humaine par la science et sur sa perpĂ©tuation extrĂȘmement dangereuse de lâexcuse des instincts sauvages dans la VidĂ©o/âEssai LibertĂ© 14, et au chapitre 2 de LIBERTĂ. En effet, la VidĂ©o/Essai LibertĂ© 14 donne une description trĂšs puissante de toute la malhonnĂȘtetĂ© dans la science, et oĂč cette malhonnĂȘtetĂ© nous a conduitâsoit tout droit vers lâextinction !
Cela nous amĂšne donc au point principal de cette prĂ©sentation, qui est que vous saurez que lâexplication de la condition humaine que jâai avancĂ©e est la vĂ©ritable explication car si nous pensons sincĂšrement Ă la condition humaineâau lieu de vivre malhonnĂȘtement dans le dĂ©ni de celle-ci comme pratiquement tout le monde, y compris les scientifiques, lâont faitâalors il devient Ă©vident que lâexplication de lâinstinct contre lâintellect est lâexplication tout Ă fait Ă©vidente et pleinement responsable et donc vraie de notre comportement de division. Et cette Ă©vidence est abondamment appuyĂ©e par les nombreux grands penseurs Ă travers lâhistoire qui ont reconnu ces Ă©lĂ©ments de lâinstinct contre lâintellect, tels que ceux que jâai dĂ©jĂ mentionnĂ©s de lâhistoire ancienne, et ceux que je suis sur le point de mentionner de lâĂ©poque contemporaine. Comme vous le verrez, bien quâaucun de ces penseurs nâait rĂ©ussi Ă expliquer pleinement la condition humaineâdans certains cas parce quâĂ leur Ă©poque la science nâavait pas encore rĂ©vĂ©lĂ© la nature des gĂšnes et des systĂšmes nerveuxâtous ont reconnu les ingrĂ©dients clĂ©s impliquĂ©s dans cette explication honnĂȘte et vĂ©ridique de notre esprit conscient en contradiction avec nos instincts.
Cependant, bien que tous ces penseurs ont reconnu les ingrĂ©dients fondamentaux de lâinstinct contre lâintellect impliquĂ©s dans la production de lâĂ©tat psychologiquement perturbĂ© de la condition humaine, vous remarquerez que parmi les penseurs contemporains que je suis sur le point de mentionner, il y a une variation dans lâhonnĂȘtetĂ© de chacun sur le fait que ces instincts en nous soient coopĂ©ratifs, dĂ©sintĂ©ressĂ©s et aimants, et pas compĂ©titifs, Ă©goĂŻstes et agressifs. Tous les penseurs contemporains nâont pas Ă©tĂ© capables de reconnaĂźtre la vĂ©ritĂ© de notre passĂ© coopĂ©ratif et aimant parce que plus lâespĂšce humaine est devenue colĂ©rique, Ă©gocentrique et aliĂ©nĂ©e, plus affronter la vĂ©ritĂ© de notre passĂ© dâinnocence est devenu insupportable. Il sâensuit que dans les temps anciens, lorsque lâĂ©tat contrariĂ©, Ă©gocentrique et aliĂ©nĂ© de la condition humaine nâĂ©tait pas aussi dĂ©veloppĂ© quâil lâest maintenant, il y avait une reconnaissance plus vĂ©ridique de lâhĂ©ritage coopĂ©ratif, dĂ©sintĂ©ressĂ© et aimant de notre espĂšce, et de sa corruption lorsque nous sommes devenus conscientsâce que dĂ©montrent les exemples des temps anciens.
MĂȘme ainsi, alors que tous les penseurs des temps anciens les moins perturbĂ©s, les plus innocents et les plus naĂŻfs inclus ici Ă©taient tous capables de reconnaĂźtre notre hĂ©ritage coopĂ©ratif, dĂ©sintĂ©ressĂ© et aimant, il y avait dĂ©jĂ , mĂȘme Ă cette Ă©poque, beaucoup de gens qui voulaient le nier, et nous le savons parce que Platon nous raconte ce dĂ©ni dans les temps anciens : « le souvenir nous a Ă©tĂ© transmis par nos premiers ancĂȘtres [de « la race nĂ©e de la terre »], qui, nĂ©s au commencement de notre cycle [plus troublĂ© quâavant], touchaient immĂ©diatement au temps oĂč finit le cycle prĂ©cĂ©dent [de cet Ăąge innocent antĂ©rieur]. Ce sont eux qui furent pour nous les hĂ©rauts de ces traditions [sous la forme de « race » existante de personnes relativement innocentes, telles que celles qui existent encore aujourdâhui comme les Bushmen du Kalahari et les AborigĂšnes Australiens] que beaucoup de gens ont aujourdâhui le tort de rĂ©voquer en doute ». Bien sĂ»r, Ă©tant membres des humains modernes, les Homo sapiens sapiens, les Bushmen et les AborigĂšnes seront toujours pleins de perturbations par rapport Ă nos lointains ancĂȘtres originels, totalement innocents, semblables aux bonobosâils ne sont que relativement innocents par rapport Ă la plupart des races dâaujourdâhui. (voir par. 860 de LIBERTĂ)
Ainsi, mĂȘme sâil y a dans notre Ăšre moderne encore plus de dĂ©ni du passĂ© innocent de notre espĂšce quâĂ lâĂ©poque de Platon quand il a dĂ©plorĂ© que « beaucoup de gens ont aujourdâhui le tort de rĂ©voquer en doute » notre passĂ© innocent, comme vous le verrez Ă la suite dans la collection de penseurs contemporains qui ont reconnu les Ă©lĂ©ments de base de lâinstinct contre lâintellect impliquĂ©s dans la production de la condition humaine, il y en a encore qui ont vĂ©ritablement reconnu les deux Ă©lĂ©ments de base et que nos instincts Ă©taient coopĂ©ratifs et aimants.
(Encore une fois, la source de toutes ces citations dans cette prĂ©sentation peut ĂȘtre trouvĂ©e dans lâEssai LibertĂ© 53, la version plus longue de cette prĂ©sentation, oĂč sont rapportĂ©s beaucoup plus de reconnaissances de la corruption de notre Ă©tat initial dâinnocence par notre esprit conscient.)
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En identifiant le rĂŽle de lâinstinct et de lâintellect dans la production de la condition humaine, le naturaliste sud-africain EugĂšne Marais Ă©tait sur la bonne voie quand, entre 1916 et 1937, il Ă©crivit que « La grande frontiĂšre entre les deux types de mentalitĂ© est la ligne qui sĂ©pare les mammifĂšres non-primates des primates et singes. Dâun cĂŽtĂ© de cette ligne, le comportement est dominĂ© par la mĂ©moire hĂ©rĂ©ditaire, et de lâautre par la mĂ©moire causale individuelle⊠Lâhistoire phylĂ©tique [dĂ©veloppement Ă©volutif] de lâĂąme primate peut ĂȘtre clairement retracĂ©e dans lâĂ©volution mentale de lâenfant humain. Le primate le plus Ă©levĂ©, lâhomme, est nĂ© un animal instinctif. Tout son comportement pendant une longue pĂ©riode aprĂšs la naissance est dominĂ© par la mentalitĂ© instinctive ... il nâa pas de mĂ©moire, pas de conception de cause Ă effet, pas de conscience ... Alors que la nouvelle Ăąme, lâĂąme de la mĂ©moire individuelle Ă©merge lentement, lâĂąme instinctive devient comme lentement submergĂ©e⊠Pendant un certain temps, câest presque comme sâil y avait une lutte entre les deux. » Marais a Ă©galement reconnu que « lâinstinct⊠est incapable de sâĂ©carter dâune certaine maniĂšre fixe de se comporter⊠Cette mĂ©moire hĂ©ritĂ©e est Ă tous Ă©gards un terrible tyran. » Il sâest en outre rendu compte que « la soi-disant âĂąme subliminaleâ de lâhommeâla mentalitĂ© âsubconscienteâânâest autre que cette vieille mentalitĂ© âanimaleâ [instinctive] qui a Ă©tĂ© mise hors dâaction par la nouvelle mentalitĂ© [consciente]. »
Nous pouvons reconnaĂźtre une grande partie de lâanalogie dâAdam la Cigogne que jâutilise pour expliquer la condition humaine dans la VidĂ©o/âEssai LibertĂ© 3 dans la description de MaraisâlâĂ©mergence de lâesprit conscient et, au fur et Ă mesure que la conscience Ă©merge, la « lutte » contre les instincts inflexibles, « tyran[niques] » qui Ă©clate. Marais a non seulement reconnu les Ă©lĂ©ments des instincts et de lâintellect conscient impliquĂ©s dans la condition humaine, il a aussi rĂ©flĂ©chi Ă la maniĂšre dont les deux Ă©lĂ©ments interagissaient. Avait-il poursuivi et dĂ©veloppĂ© sa constatation de la « lutte » Ă©mergeant entre « lâĂąme instinctive » ou « mĂ©moire hĂ©rĂ©ditaire » inflexible, « tyran[nique] » et la nouvelle « mĂ©moire » « consciente » capable dâavoir une « conception de cause Ă effet », cette « mĂ©moire causale individuelle », il aurait pu se rendre compte, comme moi, que la bonne raison pour laquelle lâintellect conscient devait dĂ©fier les instincts tyranniques Ă©tait parce que lâesprit conscient devait rechercher la comprĂ©hension de la relation de « cause Ă effet », et ainsi que câĂ©tait cette « lutte » culpabilisante particuliĂšre qui a provoquĂ© la nature humaine corrompue, compĂ©titive, agressive et Ă©goĂŻste.
VoilĂ donc une analyse incroyablement honnĂȘte et donc pĂ©nĂ©trante de lâorigine de notre condition humaine corrompue !
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LâEssai LibertĂ© 51 se consacre Ă expliquer la signification du travail de Sir Laurens van der Post, en particulier ses nombreux Ă©crits sur le peuple Boschiman relativement innocent du dĂ©sert du Kalahari en Afrique du Sud. Ce qui est pertinent ici, câest que Sir Laurens, que je considĂšre comme le philosophe prééminent du vingtiĂšme siĂšcle et qui, comme Marais, Ă©tait dâAfrique du Sud, avait une capacitĂ© honnĂȘte et sans dĂ©ni Ă reconnaĂźtre lâimplication de nos instincts moraux et de notre intellect corrupteur dans la production de lâĂ©tat perturbĂ© de la condition humaine. Comme nous pouvons le voir dans ce passage Ă©crit par Sir Laurens en 1984, il a courageusement reconnu quâ« avant lâaube de la conscience individuelle », les humains vivaient dans un Ă©tat dâ« unitĂ© »âun Ă©tat quâil nous dit vouloir tant retrouver quâil a Ă©tĂ© « comme un mal du pays insoutenable Ă la base du cĆur humain ». Il a Ă©crit : « Cette vie stridente, friable et prĂ©somptueuse dâaujourdâhui est par comparaison un cimetiĂšre oĂč les vivants sont morts et les morts sont vivants et parlent [Ă travers notre Ăąme] dans la voix calme, petite et claire dâun amour et dâune confiance en la vie que nous avons pour le moment perdu⊠[il fut un temps oĂč] Tous sur terre et dans lâunivers Ă©taient encore membres et affiliĂ©s Ă la race primitive en quĂȘte de rĂ©confort et de chaleur Ă travers la longue et froide nuit avant lâaube de la conscience individuelle, dans une unitĂ© qui nous ronge encore comme un mal du pays insoutenable Ă la base du cĆur humain. » Dans une rĂ©fĂ©rence encore plus explicite, Sir Laurens a Ă©galement reconnu la « guerre » rĂ©elle qui existe entre notre moi instinctif innocent originel et notre nouvel intellect conscient, en Ă©crivant « Je vous ai parlĂ© plus tĂŽt de cet enfant noir de la nature, cet autre homme primitif en chacun de nous avec lequel nous sommes en guerre dans notre esprit. »
Nous pouvons voir que si Sir Laurens a Ă©tĂ© capable de reconnaĂźtre clairement la « guerre » entre notre « enfant⊠de la nature » instinctif, originel, innocent, pur en son Ăąme et notre nouvelle « conscience individuelle » ou « esprit » conscient, il nâa pas fourni la bonne raison biologique de POURQUOI la « guerre » sâest produite, permettant de nous rĂ©concilier et de nous racheter.
Je dois noter ici quâen reconnaissant lâinnocence relative du peuple Boschiman du Kalahari, Sir Laurens sâest rebellĂ© avec dĂ©fiance contre la pratique du dĂ©ni de la vĂ©ritĂ© que nous les humains avons autrefois vĂ©cu dans un Ă©tat innocent sans perturbation, avant lâĂ©mergence de la condition humaine. (Ce dĂ©fi et la persĂ©cution de Sir Laurens qui en rĂ©sulta sont dĂ©crits dans lâEssai LibertĂ© 51.) Par exemple, il Ă©crivit en 1961 quâ« il y avait en effet un premier enfant de la vie cruellement reniĂ© et nĂ©gligĂ©, un Bushman en chacun de nous. » Il a mĂȘme dĂ©crit lâharmonie et la sensibilitĂ© relativement intactes de lâĂ©tat le plus innocent du Bushman, Ă©crivant en 1958 que « Lui [le Bushman] et ses besoins Ă©taient attachĂ©s Ă la nature de lâAfrique et au mouvement de ses larges saisons autant que le poisson Ă la mer. Lui et eux participaient de maniĂšre si profonde Ă lâĂȘtre de lâautre que lâexpĂ©rience pourrait presque ĂȘtre qualifiĂ©e de mystique. Par exemple, il semblait savoir ce que cela faisait dâĂȘtre un Ă©lĂ©phant, un lion, une antilope, une gazelle, un lĂ©zard, une souris rayĂ©e, une mante, un baobab, un cobra Ă crĂȘte jaune ou une amaryllis Ă©toilĂ©e, pout ne mentionnez que quelques-unes des multitudes brillantes dans lesquelles il se dĂ©plaçait si habilement. MĂȘme enfant, il me semblait que son monde nâavait pas de secrets entre une forme dâĂȘtre et une autre. »
Faisant Ă©cho aux sentiments de Sir Laurens, le philosophe dâorigine suisse Jean-Jacques Rousseau a exprimĂ© ce que nous savons tous intuitivement ĂȘtre la vĂ©ritĂ© lorsquâil a Ă©crit que « rien nâest plus doux que lui [lâhomme] dans son Ă©tat primitif » et que « lâhomme est nĂ© libre et partout il est dans les fers ». Si Rousseau nâa jamais utilisĂ© le terme de « noble sauvage », ces citations montrent pourquoi il Ă©tait associĂ© Ă ce concept. Le romancier et poĂšte anglais D.H. Lawrence a Ă©galement reconnu honnĂȘtement lâĂ©tat dâinnocence sensible de notre espĂšce lorsquâil a Ă©crit « Car, oh, je sais, dans la poussiĂšre oĂč nous avons enseveli / Les peuples du silence et toutes leurs abominations [lâinsupportable et confrontante condamnation de leur innocence], Nous avons enseveli une grande part de la dĂ©licate magie de la vie ».
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G-D: Jean-Jacques Rousseau (1712â1778), D.H. Lawrence (1885â1930), Fiodor DostoĂŻevski (1821â1881)
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Lorsque Sir Laurens a parlĂ© des Bushmen relativement innocents qui semblaient « savoir ce que cela faisait dâĂȘtre ⊠une souris rayĂ©e, une mante, un baobab », cela mâĂ©voque le souvenir intuitif de lâĂ©tat dâinnocence de notre espĂšce semblable-aux-bonobos du grand romancier russe Fiodor DostoĂŻevski en 1877â souvenir intuitif oĂč il se remĂ©more : « Les prairies flamboyantes de fleurs Ă©clatantes et parfumĂ©es. Des oiseaux, par volĂ©es venaient traverser lâair et, sans me craindre, ils se posaient sur mes Ă©paules et sur mes mains et me frappaient joyeusement de leurs jolies petites ailes frissonnantes. Et finalement, je vis et je connus les hommes de cette terre heureuse. Ils vinrent vers moi dâeux-mĂȘmes, ils mâentourĂšrent, ils mâembrassaient. Les enfants du soleil, enfant de leur soleilâquâils Ă©taient beaux ! ... Leur visage irradiait... une gaietĂ© enfantine sonnait dans les voix et les paroles de ces gens... CâĂ©tait une terre pas encore souillĂ©e par le pĂ©chĂ© originel, nây vivaient que des hommes qui nâavaient pas encore pĂ©chĂ©... Ils ne dĂ©siraient rien et ils Ă©taient en repos, ils nâĂ©prouvaient pas cette aspiration Ă connaĂźtre la vie que nous Ă©prouvons nous-mĂȘmes, parce que leur vie Ă©tait toute plĂ©nitude. Mais leur savoir Ă©tait plus profond et plus haut que celui de notre science...et cela, je le compris, mais je fus incapable de comprendre en quoi leurs connaissances consistaient. Ils me montraient leurs arbres, et jâĂ©tais incapable de comprendre le degrĂ© dâamour avec lequel ils les regardaient : comme sâils parlaient avec des ĂȘtres qui leur Ă©taient semblables... et je suis convaincu que les arbres les comprenaient. Ainsi regardaient-ils toute la natureâles animaux, qui vivaient avec eux dans la concorde, ne les attaquaient pas et les aimaient, vaincu par leur amour... Il nây avait entre eux jamais de disputes, jamais de jalousie... car ils composaient tous une seule famille. » Cette description dâĂȘtre « vaincu par leur amour » ressemble tellement Ă la description donnĂ©e par la chercheuse primatologue Vanessa Woods, qui comme mentionnĂ© plus tĂŽt disait que les bonobos « vous aiment avec un tel abandon dĂ©vouĂ© que vous les aimez en retour. Vous devez les aimer en retour ». Encore une fois, nous voyons Ă quel point notre mĂ©moire est exacte, si nous ne la renions pas, de ce quâĂ©tait la vie « avant la chute ».
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Le philosophe russe Nikolai Berdiaev a Ă©galement reconnu courageusement que « le souvenir du paradis perdu, de lâĂąge dâor, le dĂ©sir dây retourner, la nostalgie du Royaume de Dieu, qui revĂȘt parfois la forme utopique du paradis terrestre, sont profondĂ©ment ancrĂ©s en lâhomme. » Il abordait Ă©galement la vĂ©ritĂ© sur la cause rĂ©elle de la condition humaine quand, en 1931, il Ă©crivit : « On pourrait soutenir que lâhomme est un ĂȘtre irrationnel, paradoxal, tragique par principe, dans lequel sâaffrontent deux mondes, deux principes extrĂȘmes », et en dĂ©crivant ces deux principes, Ă©crivant que « LâĂąme humaine est dĂ©doublĂ©e, en elle sĂ©vit un antagonisme torturant dâĂ©lĂ©ments opposĂ©s... la diffĂ©renciation du conscient et de lâinconscient devint fondamentale pour la nouvelle psychologie ». Oui, cet « antagonisme » est certainement « fondamental pour la nouvelle psychologie ». Donc Berdiaev a tout identifiĂ©âlâinstinct Ă©tant en guerre avec lâintellectâmais encore une fois, ce qui manque, câest dâexpliquer ce qui, dans « la diffĂ©renciation du conscient et de lâinconscient », entraine cet « antagonisme torturant ».
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Le psychologue allemand Erich Neumann a reconnu lui aussi la bataille et le fossĂ© entre le moi instinctif « inconscient » non-comprĂ©hensif dĂ©jĂ Ă©tabli, et notre nouveau moi intellectuel « conscient ». Dans son livre de 1949 Origines et Histoire de la Conscience, Neumann Ă©crivait « Alors quâĂ lâorigine, les opposĂ©s pouvaient fonctionner cĂŽte Ă cĂŽte sans tension excessive et sans sâexclure, maintenant, avec le dĂ©veloppement et lâĂ©laboration de lâopposition entre conscient et inconscient, ils se sĂ©parent. Câest-Ă -dire quâil nâest plus possible pour un objet dâĂȘtre aimĂ© et dĂ©testĂ© en mĂȘme temps. Lâego et la conscience sâidentifient en principe Ă un cĂŽtĂ© de lâopposition et laissent lâautre dans lâinconscient, soit en lâempĂȘchant mĂȘme de surgir, câest-Ă -dire en le supprimant consciemment, soit en le rĂ©primant, câest-Ă -dire en lâĂ©liminant de la conscience sans prendre conscience de le faire. Seule une analyse psychologique profonde peut alors dĂ©couvrir la contre-position inconsciente » [notre traduction]. Oui, quand nous avons dĂ©truit le Jardin dâEden, notre Ă©tat dâinnocence originelle, nous avons eu tellement honte que nous avons « rĂ©prim[Ă©] » la conscience de lâexistence de cet Ă©tat dâinnocence originelle dans la mesure oĂč presque tout le monde nâen a plus quâun souvenir instinctif inconscient, de sorte que pour presque tout le monde, « seule une analyse psychologique profonde » peut atteindre cette prise de conscience. Presque tous les humains ont vĂ©cu dans un dĂ©ni effrayĂ© de lâĂ©tat corrompu de la condition humaineâet le fait est que la pratique dâune telle malhonnĂȘtetĂ© extrĂȘme a rendu une rĂ©flexion honnĂȘte et efficace sur la condition humaine impossible. Seule une approche sans dĂ©ni/aliĂ©nation pourrait atteindre toutes les vĂ©ritĂ©s sur la condition humaine qui sont prĂ©sentĂ©es dans ces vidĂ©os/essaisâet une telle rĂ©flexion sans dĂ©ni, honnĂȘte et efficace ne pourrait ĂȘtre rĂ©alisĂ©e que par la thĂ©rapie « profonde » Ă laquelle Neumann a fait allusion, ou, dans mon cas, en nâayant jamais eu Ă se rĂ©signer Ă bloquer et Ă nier la vĂ©ritĂ© sur lâĂ©tat dâinnocence originel de notre espĂšce. (La RĂ©signation Ă vivre dans le dĂ©ni de la condition humaine est expliquĂ©e dans lâEssai LibertĂ© 30.) Heureusement, maintenant que notre Ă©tat corrompu est expliquĂ© et dĂ©fendu, le dĂ©ni de celui-ci et toutes les pensĂ©es malhonnĂȘtes qui en dĂ©coulent peuvent prendre fin !
Nous pouvons voir que malgrĂ© la description par Neumann du conflit entre lâinstinct et lâintellect, la question clĂ© persiste : pourquoi « lâĂ©laboration » du moi « conscient » lâa-t-elle fait « se sĂ©pare[r] » du moi instinctif « inconscient » ?
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Dans les annĂ©es 1950, le neurologue amĂ©ricain Paul MacLean a dĂ©veloppĂ© sa thĂ©orie du âcerveau triuniqueâ, selon laquelle les humains sont une espĂšce mentalement dĂ©sĂ©quilibrĂ©e en raison dâune coordination inadĂ©quate entre notre ancien cerveau Ă©motionnel et notre nouveau cerveau cognitif. MacLean a proposĂ© que les humains nâaient pas un cerveau mais trois, chacun provenant dâune Ă©tape diffĂ©rente de notre histoire Ă©volutive. Il a dit quâil y avait le cerveau reptilien dâorigine interne qui comprend le tronc cĂ©rĂ©bral et le cervelet, qui, selon lui, tend Ă ĂȘtre rigide, compulsif et ritualiste, avec lâintention de rĂ©pĂ©ter les mĂȘmes comportements encore et encore. Ensuite, il y a le cerveau âlimbiqueâ moyen, qui, a-t-il dit, comprend lâamygdale, lâhypothalamus et lâhippocampe et est proĂ©minent chez les mammifĂšres infĂ©rieurs et sâoccupe des Ă©motions et des instincts, en particulier les rĂ©actions dâalimentation, de combat ou de fuite, ainsi que du comportement sexuel et des soins maternels. Et, troisiĂšmement, il a dit quâil y a le nĂ©ocortex ou le cerveau du cortex cĂ©rĂ©bral externe des mammifĂšres supĂ©rieurs, qui est concernĂ© par la raison, lâinvention et la pensĂ©e abstraite. MacLean a dĂ©clarĂ© que « les trois formations Ă©volutionnaires pourraient ĂȘtre imaginĂ©es comme trois ordinateurs biologiques interconnectĂ©s, chacun ayant sa propre intelligence spĂ©cifique, sa propre subjectivitĂ©, son propre sens du temps et de lâespace, et sa propre mĂ©moire, sa motricitĂ© et autres fonctions. » A cause de lâindĂ©pendance entre ces trois cerveaux, MacLean les voyait comme frĂ©quemment dissociĂ©s et en conflit, avec le systĂšme limbique infĂ©rieur qui rĂ©git nos jugements de valeur altruistes et nos Ă©motions, mĂȘme capable de dĂ©tourner les fonctions mentales supĂ©rieures quand il le souhaite.
Cependant, MacLean nâa pas expliquĂ© la cause, dans ces diffĂ©rences dâintelligences, de subjectivitĂ©s, de sens du temps et de lâespace et des souvenirs, provoquant rĂ©ellement le conflit entre ces deux cerveaux particuliers. (Plus est expliquĂ© sur la thĂ©orie de MacLean, et aussi sur les thĂ©ories des autres penseurs qui sont mentionnĂ©es dans cette courte prĂ©sentation, dans la prĂ©sentation plus longue de lâEssai 53.)
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Enfin, au cours des annĂ©es 1970, le scientifique-philosophe britannique dâorigine hongroise Arthur Koestler a identifiĂ© les Ă©lĂ©ments de lâinstinct et de lâintellect impliquĂ©s dans la condition humaine et a cherchĂ© une explication sur la maniĂšre dont ils auraient pu produire la condition humaine en se rĂ©fĂ©rant au concept de Paul MacLean selon lequel « lâexplosion cĂ©rĂ©brale [chez les humains] a donnĂ© naissance Ă une espĂšce mentalement dĂ©sĂ©quilibrĂ©e dans laquelle lâancien cerveau et le nouveau cerveau, lâĂ©motion et lâintellect, la foi et la raison, Ă©taient en dĂ©saccord. » Comme lâa dĂ©crit un commentateur, « lors dâune confĂ©rence publique, jâai Ă©coutĂ© Arthur Koestler exprimer son opinion selon laquelle lâespĂšce humaine Ă©tait folle. Il a affirmĂ© que, en raison dâune coordination inadĂ©quate entre deux zones du cerveauâle nĂ©ocortex ârationnelâ et lâhypothalamus âinstinctifââlâhomme avait dâune certaine maniĂšre acquis un â caractĂšre unique, meurtrier et dĂ©lirantâ qui le propulsait, inĂ©vitablement, au meurtre, Ă la torture et Ă la guerre. » Cette reconnaissance que les humains ont un vieux cerveau instinctif et un cerveau cognitif plus rĂ©cent qui sont « en dĂ©saccord » en raison dâune « coordination inadĂ©quate entre » les deux Ă©tait sur la bonne voie pour expliquer la condition humaine, rĂ©pondant Ă la question que MacLean a soulevĂ©e sur la maniĂšre dont nous avons « dâune certaine maniĂšre acquis » notre « caractĂšre unique, meurtrier et dĂ©lirant »âmais encore une fois, la bonne raison rĂ©conciliatrice et salvatrice de la « coordination inadĂ©quate » nâa pas Ă©tĂ© fournie par MacLean ou Koestler.
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Voici donc quelques-uns des penseurs honnĂȘtes mentionnĂ©s dans lâEssai LibertĂ© 53 qui ont reconnu les Ă©lĂ©ments fondamentaux de lâinstinct contre lâintellect impliquĂ©s dans la production de notre condition humaine psychologiquement perturbĂ©e. Parmi les autres penseurs mentionnĂ©s dans lâEssai. 53, on peut citer Julian Jaynes, Christopher Booker, William Wordsworth, Ralph Waldo Emerson, William Blake, John Milton, Robert A. Johnson et Bruce Chatwin.
Ă la suite de cette prĂ©sentation, jâespĂšre que vous, lâauditeur ou le lecteur, avez maintenant une certaine comprĂ©hension de la raison pour laquelle nous avons dĂ» utiliser lâexcuse des âinstincts sauvagesâ, et conviendrez maintenant que lâexplication instinct vs intellect de la condition humaine que jâai prĂ©sentĂ©e dans la vidĂ©o/essai prĂ©cĂ©dente est en effet lâexplication Ă©vidente et rĂ©elle de la condition humaine. Et sâil sâagit bien lĂ de lâexplication rĂ©conciliatrice dĂ©sespĂ©rĂ©ment nĂ©cessaire pour la guĂ©rison psychologique et la transformation de nos vies Ă©nervĂ©es, Ă©gocentriques et aliĂ©nĂ©esâce qui est clairement le casâalors vous, et tout le monde, pouvez bĂ©nĂ©ficier de cette transformation rĂȘvĂ©e de votre vie, dâune existence-accablĂ©e-par-la-condition-humaine Ă un fabuleux Ă©tat sans condition humaine, que Tony Gowing dĂ©crit dans la prochaine vidĂ©o/essai (5), et que je dĂ©crirai plus en dĂ©tail dans lâEssai LibertĂ© 15 [voyez Ă©galement notre page Transformation]. Oui, le « mal du pays insoutenable Ă la base du cĆur humain » de lâ« unitĂ© » qui existait « avant lâaube de la conscience individuelle » dont Sir Laurens van der Post a Ă©crit si merveilleusement et honnĂȘtement, peut enfin ĂȘtre « calm[Ă©] ». Le grand poĂšte T.S. Eliot a Ă©galement rĂ©sumĂ© avec prĂ©cision notre Ă©popĂ©e humaine de lâignorance Ă lâillumination : « Nous ne cesserons pas dâexplorer et la fin de toutes nos explorations sera dâarriver lĂ oĂč nous avons commencĂ© et de connaĂźtre le lieu pour la premiĂšre fois. »
(Encore une fois, la source de toutes les citations utilisĂ©es dans cette prĂ©sentation se trouve dans lâEssai LibertĂ© 53, qui est la version complĂšte de cette prĂ©sentation.)
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Lâexplication clarifiante et rĂ©demptrice de Jeremy sur la diffĂ©rence entre les instincts et lâintellect est introduite dans LâInterview (et briĂšvement dĂ©crite dans la VidĂ©o/âLibertĂ© Essai 3, et prĂ©sentĂ©e en dĂ©tail dans les chapitres 3:3 â 3:4 de LIBERTĂ.
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